Une vie

De La Grange Billon au prix Femina

Henri Bachelin naît le 27 mars 1879 à Lormes, dans le quartier de La Grange Billon, dans l’auberge de ses grands-parents. Son père, travailleur acharné qui ne sortit presque jamais de ce « bourg de trois mille âmes », sera le héros de son livre le plus célèbre.

Le garçon étudie au séminaire de Nevers, puis s’engage pour quatre années dans l’armée. En 1901, il « monte » à Paris, s’installe aux Batignolles dans une mansarde de la rue Nollet et devient employé de banque, tout en écrivant.

En 1911, il abandonne la banque pour se consacrer exclusivement à la littérature. Sept ans plus tard, le prix Femina couronne Le Serviteur.

Vieilles chaumières à la Grange-Billon, Lormes
Vieilles chaumières à la Grange-Billon, Lormes — Carte postale ancienne, libre de droits
Chronologie

Repères

1879

Naissance à Lormes

27 mars, quartier de La Grange Billon. Fils d’un humble travailleur de la petite ville, il grandit entre eau, prés et bois montants.

Jeunesse

Séminaire de Nevers, puis l’armée

Une formation religieuse, puis quatre années de service : deux expériences qui nourriront ses romans de formation.

1901

Paris, les Batignolles

Une mansarde rue Nollet, un emploi d’employé de banque, et la découverte du milieu littéraire : Jules Renard, Charles-Louis Philippe, Jules Romains, Paul Léautaud.

1904

Premiers livres

Horizons et coins du Morvan (poèmes), puis Pas-comme-les-autres (1906) et Les Manigants (1907) : le Morvan entre pour toujours en littérature.

1909

Jules Renard

Il publie Jules Renard et son œuvre. Disciple et ami de l’auteur de Poil de Carotte, qui le soutient à ses débuts, il en restera le gardien fidèle.

1911

La littérature, rien que la littérature

Il quitte la banque et s’installe rue Truffaut avec sa compagne Kate Monnet. Il entre en relations avec André Gide et collabore à la NRF. Sous d’humbles toits paraît en 1913, dédié à Romain Rolland.

1914

La guerre

Il épouse Kate Monnet, surnommée « Madame Perdrix ». Mobilisé, il est blessé dès les premiers combats et finit la guerre dans les bureaux.

1918

Prix Femina

Le Serviteur, hommage à son père, est couronné. Suivront Le Village (1919, Prix Jean Revel) et une vingtaine de romans jusqu’en 1938.

1925

Le Journal de Jules Renard

Il est chargé de préparer l’édition du Journal de Jules Renard.

1941

Disparition

Il meurt à Paris le 21 septembre. Ses obsèques ont lieu à Sainte-Marie des Batignolles. Il laisse une quinzaine d’œuvres inédites, dont un Journal (1926-1941) publié en 4 tomes à partir de 2009.

Si je n’ai pas attrapé le style tel qu’on l’enseigne dans de hautes écoles et dans les manuels, je ne le regrette pas. L’heureuse faute en est au pays où je suis né.Henri Bachelin, Vieilles images d’un canton de France
Façade de la basilique de Vézelay
Vézelay, façade de la basilique de la Madeleine — Carte postale ancienne, libre de droits
Un indépendant

Ni régionaliste, ni parisien

Bachelin a toujours refusé les étiquettes, en particulier celle d’« écrivain régionaliste ». Il peint le Morvan avec un réalisme sans folklore — la ferme, le bourg, le curé, le colporteur — mais aussi l’orgue (Les Grandes Orgues, 1925), l’histoire médiévale (L’Abbaye — Vézelay au XIIᵉ siècle, 1927) ou la critique (Flaubert, Huysmans, Charles-Louis Philippe).

André Billy le surnomme « l’Ermite des Batignolles » : bien que monté à Paris, il reste attaché à sa petite ville natale, dont les rues, les jardins et les fêtes irriguent toute son œuvre.

Jules Renard

Un maître admiré

Renard, nivernais lui aussi, fut son aîné et son modèle. Bachelin lui consacre deux études (1909, 1930) et prépare l’édition de son Journal en 1925.

Romain Rolland

Un confrère estimé

Une correspondance avec Gide et Romain Rolland, publiée en 1994, témoigne de la place de Bachelin dans le monde des lettres de son temps.

Paul Léautaud

Un témoin sans complaisance

Léautaud, qui travaillait au Mercure de France, a laissé des pages sur Bachelin « publicateur » de Jules Renard.

Paris, rue Truffaut
Paris (17ᵉ), la rue Truffaut, où Bachelin s’installe — Carte postale ancienne, libre de droits
Nevers, la caserne Pittié
Nevers, la caserne Pittié — Carte postale ancienne, libre de droits

Sources : bulletin L’Horizon de pourpre, travaux de l’association et de Jean-Pierre Lacroix (Vents du Morvan, n° 32, 2009).

Portraits

Visages d’Henri Bachelin

Henri Bachelin en 1939 à l’étang de la Chaumaille
Henri Bachelin en 1939, à l’étang de la Chaumaille (31 juillet 1939)
Buste d’Henri Bachelin par Georges Sirdey, Lormes
Le buste d’Henri Bachelin par Georges Sirdey, Lormes, les Promenades
Henri Bachelin, étude de Georges Sirdey
Henri Bachelin, par Georges Sirdey
Henri Bachelin, gravure de Saliez
Henri Bachelin par Saliez (gravé par Pierre-Antoine Gallien)